UN MAITRE SPIRITUEL, OU UN AMI DE BIEN

Extraits de « Le chemin de la grande perfection » par Patrul Rinpoché.

Aucun soutra, aucun tantra ni aucun commentaire ne mentionne l’histoire d’un être qui aurait atteint la bouddheité sans dépendre d’un maître spirituel.

On  peut constater par soi-même également que personne n’a jamais fait naître en lui les qualités propres aux degrés et aux voies à sa manière et grâce à ses propres capacités.

Nous-mêmes et tous les autres êtres, nous sommes experts en faux chemins mais nous ressemblons à des aveugles égarés sans amis au milieu d’une steppe déserte lorsqu’il s’agit d’emprunter le chemin de la délivrance et de l’omniscience…

Ainsi il est nécessaire de s’en remettre à un ami de bien, un véritable guide qui conduise les autres à la libération et à l’omniscience.

Comment suivre un ami de bien :

Cela se fait en trois temps : d’abord on étudie le maître, puis on le suit et enfin on fait l’apprentissage de sa pensée et de ses actes.

Examiner un maître, en règle générale, consiste à chercher s’il possède toutes les qualités décrites dans les soutras et les tantras. En particulier, la compassion s’avère être un critère si indispensable que l’examen du maître peut se réduire à cette question : A-t-il développé ou non la compassion ? Si oui, il fera dès lors tout ce qu’il peut pour aider son disciple dans cette vie et les suivantes. La relation maître-disciple ne peut que devenir bénéfique. Si les enseignements que le maître prodigue se rattachent au Grand Véhicule, le disciple ne peut qu’avancer sur la voie authentique.

Le maître spirituel est celui en qui nous plaçons notre confiance, celui qui nous apprend ce qu’il faut adopter et rejeter.

Prions-le avec foi et dévotion. Demandons-lui tout de suite conseil sur tous nos agissements. Mettons en pratique tout ce qu’il nous enseigne et suivons-le avec une confiance totale.

Ce que l’on nomme enfin l’apprentissage de la pensée et actes du maître consiste à fidèlement l’imiter, après avoir minutieusement étudié sa façon d’agir. « Tout acte étant imitation, agit le mieux celui qui le mieux imite », dit le proverbe. La pratique du Dharma d’une manière générale, est une imitation : on imite les Bouddhas et Boddhisattvas du passé. Puisque le disciple apprend à devenir comme son maître, il doit s’imprégner des pensées et des actes de celui-ci.

Quiconque est habile à étudier son maître, puis à le suivre et, enfin, à apprendre sa pensée et ses actes avance, quoi qu’il arrive, sur la voie juste.