- Le refuge dans le Bouddhisme
- La foi, la clé du Refuge
- Le Refuge, la porte qui ouvre le chemin
- Bouddhiste, se tourner vers l’interieur
- Le Refuge dans le Mahayana
- Les préceptes du refuge
- La place du maître dans le Refuge
- Le respect envers les objets de refuge
- Comprendre à travers des exemples
- Les bienfaits du Refuge
- La cérémonie de Refuge
- Autres articles > « S’engager sur la voie »
LE REFUGE DANS LE BOUDDHISME
Dans le bouddhisme, la prise de refuge est souvent comparée à l’ouverture d’une porte qui mène sur le chemin spirituel. C’est la pierre de fondation de toutes les voies bouddhistes. Dans le Vajrayana, le refuge prend une dimension plus profonde, notamment par la centralité du maître spirituel. Cependant, il est crucial de comprendre que le refuge n’est pas une finalité en soi, mais bien le commencement d’un cheminement vers l’éveil.
LA FOI, LA CLÉ DU REFUGE
Ce qui permet d’ouvrir cette porte du refuge, c’est la foi. La foi, ou la confiance, est l’élément essentiel qui nous conduit à rechercher la protection des Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Sans cette foi initiale, il est impossible de s’engager pleinement dans le chemin spirituel.
Cette foi peut naître de la compréhension intellectuelle ou d’une expérience personnelle de la souffrance, mais elle constitue toujours la base à partir de laquelle on prend refuge. Le refuge devient alors l’acte de s’en remettre aux Trois Joyaux pour trouver un sens profond et un guide dans sa vie.
LE REFUGE, LA PORTE QUI OUVERTURE LE CHEMIN
Le refuge n’est pas une destination finale, mais plutôt une ouverture, un passage vers une vie spirituelle dédiée à la libération de la souffrance. C’est le point de départ qui ouvre la porte sur la voie de l’éveil.
Une fois cette porte franchie, tout le travail spirituel commence : purification, accumulation de mérite, pratique méditative et réalisation des enseignements. Ainsi, le refuge marque le début d’un engagement envers les Trois Joyaux, qui nous accompagnent et nous guident tout au long du chemin.
BOUDDHISTE, SE TOURNER VERS L’INTERIEUR
La différence fondamentale entre un bouddhiste et un non-bouddhiste repose sur les vœux de refuge. En tibétain, un bouddhiste est appelé nangpa, ce qui signifie « intérieur », tandis qu’un non-bouddhiste est désigné par le terme tchiwa, qui signifie « extérieur ». Cela reflète la notion selon laquelle un bouddhiste se tourne vers l’intérieur, vers son esprit, pour trouver la voie de la libération.
Ce qui fait d’une personne un nangpa (bouddhiste) est le fait d’avoir pris les vœux de refuge. En s’engageant à suivre le Bouddha, le Dharma et la Sangha, on devient officiellement un bouddhiste. Le refuge est donc ce qui différencie ceux qui ont choisi de se tourner vers la voie intérieure (le chemin du Bouddha) de ceux qui ne l’ont pas fait.
LE REFUGE DANS LE MAHAYANA
Le refuge dans le Mahāyāna est indissociable du développement de l’esprit d’éveil (boddhicitta). Cet esprit d’éveil est l’intention altruiste de réaliser l’éveil non seulement pour son propre bien, mais surtout pour libérer tous les êtres du samsara.
Lorsqu’on prend refuge dans cette tradition, on ne le fait pas simplement pour sa propre libération individuelle, mais on fait simultanément le vœu d’aider tous les êtres à atteindre l’éveil. C’est là une caractéristique essentielle du refuge dans le Mahāyāna, qui élargit l’aspiration au-delà de soi-même pour inclure la totalité des êtres sensibles.
LES PRECEPTES DU REFUGE
Prendre refuge dans le bouddhisme implique de suivre certains préceptes, qui nous aident à rester alignés sur cette voie. Voici les engagements fondamentaux :
- Prendre refuge dans le Bouddha :
C’est renoncer à chercher refuge auprès de divinités extérieures ou de puissances mondaines. Cela signifie que seul le Bouddha peut être notre guide sur le chemin de l’éveil, car il a réalisé la vérité ultime et peut nous y conduire.
- Prendre refuge dans le Dharma :
Cela signifie adopter un mode de vie qui ne nuit pas aux êtres sensibles. Le Dharma est l’enseignement du Bouddha, et prendre refuge dans le Dharma, c’est s’engager à suivre cette voie de bienveillance et de sagesse.
- Prendre refuge dans la Sangha :
La communauté des pratiquants avancés est une source de soutien et d’inspiration. Prendre refuge dans la Sangha implique de s’éloigner des influences qui pourraient nous détourner du chemin, comme les enseignements extérieurs ou non-bouddhistes (les Tirthikas), qui ne mènent pas à la libération.
LA PLACE DU MAÎTRE DANS LE REFUGE
Dans le Vajrayana, le maître, représente donc l’union parfaite des Trois Joyaux :
- son corps est la Sangha,
- sa parole est le Dharma
- et son esprit est le Bouddha.
Ainsi, si l’on coupe le lien avec son maître, on coupe également le lien avec le refuge. C’est pourquoi la relation pure et respectueuse avec le maître est capitale.
Il est important de chercher à réjouir le maître par nos actions du corps, de la parole et de l’esprit, car cela renforce non seulement notre lien avec lui, mais aussi notre engagement dans le refuge. Avoir une grande confiance et une foi inébranlable envers le maître est fondamental pour progresser dans la pratique du Vajrayana, où la relation avec le maître devient l’élément central de la voie spirituelle.
LE RESPECT ENVERS LES OBJETS DE REFUGE
Après avoir pris refuge, il est essentiel de témoigner du respect envers les objets de refuge le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Il est crucial de comprendre que cette attitude ne concerne pas tant les objets eux-mêmes, mais bien notre propre esprit.
Certains peuvent penser que poser une statue par terre ou avoir un comportement irrespectueux vis-à-vis de ces supports n’a pas d’importance, arguant que le Bouddha est au-dessus de ces considérations matérielles. Cependant, c’est une vision erronée.
Les objets de refuge, bien qu’ils ne soient pas affectés par nos actions, nous servent de points de référence sur notre chemin spirituel. En leur témoignant du respect, nous cultivons notre propre capacité à accumuler des graines positives et du mérite. En effet, le respect que nous montrons renforce notre engagement envers notre pratique et notre compréhension des enseignements.
Ignorer cette responsabilité peut nuire à notre accumulation de mérite et également affecter l’objet lui-même : un comportement irrespectueux peut voiler sa bénédiction, le privant ainsi de son potentiel en tant qu’objet de refuge. Cela témoigne d’un manque de compréhension des moyens habiles que nous offre la compassion des Bouddhas. Ce respect est donc une clé pour maintenir notre progression spirituelle et nous aider à nous relier aux valeurs profondes du Dharma.
Les supports du Bouddha
Ce sont toutes les représentations du Bouddha. Cela inclut les statues, les images, les thangkas, et même des photos représentant le Bouddha ou des maîtres qui incarnent ses qualités. Ces objets doivent être traités avec respect, car ils représentent la forme éveillée qui nous sert de support de protection sur notre chemin.
Les supports du Dharma
Il s’agit de tous les textes sacrés qui contiennent les enseignements du Bouddha et des maîtres réalisés. Cela comprend, les textes ou livrets de pratique, tous les livres qui parlent du Dharma, et même un simple papier sur lequel est inscrit un mantra ou un enseignement. Chaque support du Dharma doit être manipulé avec soin et respect, car il porte en lui les paroles et l’enseignement qui nous guident et nous protègent sur le chemin vers l’éveil.
Les supports de la Sangha
Ce sont tous les vêtements ou tissus de couleur rouge ou jaune qui représentent la communauté spirituelle. La Sangha comprend la communauté monastique et la communauté des nakpas, pratiquants tantrique laïcs.
Il est donc essentiel, envers les différents vêtements monastiques et laïcs tels que les shanbtap, les tchouba, les zens rouges ou blancs, les capes de méditation, de ne pas marcher dessus, les enjamber ou les traiter avec négligence.
Si l’on trouve un vêtement monastique ou un tissu rouge ou jaune au sol, il convient de le ramasser et de le déposer dans un endroit respectueux et propre.
Ces vêtements représentent la communauté spirituelle, celle qui nous accompagne, nous soutient et nous inspire sur la voie, et doivent à ce titre être traités avec la plus grande considération.
En respectant ces trois supports, on témoigne non seulement de sa foi, mais on cultive également les conditions nécessaires pour recevoir la bénédiction et la protection des Trois Joyaux, qui nous accompagnent tout au long de la pratique et du chemin vers l’Eveil.
COMPRENDRE À TRAVERS DES EXEMPLES PRATIQUES
Les vêtements avec des représentations sacrées
Lorsque l’on porte un vêtement avec une représentation d’un Bouddha, des Trois Joyaux, un mantra ou une écriture sacrée, il est essentiel de faire preuve de respect et de vigilance.
Ces symboles font partie des objets de refuge et doivent être traités avec une grande considération. Par exemple, il est inapproprié de les placer dans un panier à linge en bas, ou de les laver avec des vêtements comme des pantalons, des sous-vêtements ou des chaussettes. Il en va de même pour le séchage : ces vêtements ne doivent pas être mélangés avec d’autres habits ordinaires.
LES STATUTS DE BOUDDHA DANS LE JARDIN
Dans ces cas-là, il est important de ne pas poser la statue à même le sol. Elle doit être installée sur un support, idéalement surélevé d’au moins un mètre. Il est inapproprié de positionner une statue de Bouddha à côté d’endroits comme une piscine, où l’on pourrait être dénudé, ou dans un recoin négligé. Il est préférable de la placer dans un endroit mis en valeur, afin de maintenir le respect dû à cette représentation sacrée.
LES TATOUAGES
Bien que cette pratique ne soit pas encouragée, certains peuvent souhaiter se faire tatouer des mantras, des divinités ou des Bouddhas. Dans ce cas, il est crucial d’éviter de placer ces tatouages sur le bas du corps, notamment sur les jambes, car cela serait perçu comme irrespectueux et pourrait affecter négativement les vœux de refuge.
Cette conscience et ce respect des représentations sacrées nous permettent de maintenir un lien pur avec notre refuge et nous préviennent de créer des graines négatives qui feraient obstacle à notre progression sur la voie.
LES BIENFAITS DU REFUGE
Pouvoir prendre refuge est le fruit d’un immense mérite, car les bienfaits de la prise de refuge sont incommensurables. En prenant refuge, on reçoit la protection indéfectible du maître et des Trois Joyaux, qui sont un refuge qui ne nous trompe pas, ne nous abandonne pas, et surtout qui possède la capacité réelle de nous protéger et nous conduire à la libération de la souffrance.
LA CÉRÉMONIE DE REFUGE
La cérémonie de refuge est un moment solennel où l’on prend un engagement profond de suivre les pas du Bouddha.
Ce rituel est dirigé par un maître spirituel qui nous guide dans la prise des vœux de refuge et, simultanément, des vœux de l’esprit d’éveil (bodhicitta), car dans le Mahayana (le Grand Véhicule), ces deux engagements sont pris ensemble.
DÉROULEMENT DE LA CÉRÉMONIE
Devant un support du Dharma (comme une statue ou un texte sacré), on fait la promesse de prendre refuge dans les Trois Joyaux (le Bouddha, le Dharma et la Sangha), ainsi que dans le maître, non seulement dans cette vie, mais dans toutes les vies futures, jusqu’à l’éveil. Ce moment est vécu comme une prise à témoin de tous les Bouddhas et Bodhisattvas, qui se réjouissent de l’entrée d’un être sur la voie de l’éveil.
Une partie symbolique de cette cérémonie consiste pour le maître qui donne les voeux du refuge à couper une petite mèche de cheveux du disciple. Ce geste représente un abandon symbolique du corps aux Trois Joyaux, signifiant que l’on remet son existence entre leurs mains.
Une fois la prise des vœux terminée, le maître nous remet un livret de refuge avec un nouveau nom du Dharma, symbole de l’entrée dans la voie bouddhiste. Nous pouvons choisir de nous faire appeler par ce nom. Ce nom n’est pas ordinaire ; il véhicule les qualités de l’Éveil et représente une bénédiction. Porter ce nom du Dharma est un acte significatif et peut servir de rappel de nos vœux bouddhistes et de notre engagement sur la voie.
L’IMPORTANCE DES VOEUX DE REFUGE
Prendre refuge marque un tournant décisif dans la vie spirituelle. À partir de ce moment, toutes les pratiques effectuées avec les vœux de refuge acquièrent une dimension plus profonde, car elles sont fondées sur une confiance totale dans les Trois Joyaux comme refuge véritable.
L’ENGAGEMENT DANS LE REFUGE
Cependant, il est important de comprendre que la prise de refuge n’est pas simplement un rituel, mais une promesse sincère de suivre le chemin du Dharma avec foi et engagement.
Prendre les vœux de refuge sans bien comprendre leur signification peut mener à des difficultés, voire à la rupture des vœux, ce qui serait préjudiciable. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas se précipiter dans cette décision, mais de prendre le temps de réfléchir à l’engagement que cela représente. La stabilité et la foi sont essentielles pour que le refuge soit pris de manière solide et bénéfique.
LES PRÉPARATIFS DE LA CÉRÉMONIE
Bien qu’il n’y ait pas de couleur vestimentaire spécifique, il est important de paraître soigné comme signe de respect envers le maître et les Trois Joyaux.
Lors de la cérémonie, il est traditionnel d’offrir une kata, que l’on choisira la plus blanche et la plus longue possible, afin d’établir une connexion pure et favorable. Il est également traditionnel d’offrir une offrande d’argent, représentant notre accumulation de mérite. Ces deux offrandes sont déposées devant l’autel ou le maître au début de la cérémonie.
En somme, le refuge est l’acte qui ouvre la porte à la voie bouddhiste. Il nous relie au maître et aux Trois Joyaux, qui deviennent nos guides et nos protecteurs, pour cette vie et jusqu’à la libération du samsara.
C’est un engagement qui commence par la foi et qui se développe à travers une pratique sincère et dévouée.
Une fois ces vœux pris, nous devenons des nangpa, des pratiquants qui se tournent vers l’intérieur, engagés sur la voie de l’éveil, avec l’aspiration d’aider tous les êtres à sortir du samsara.
Il est donc nécessaire, à partir du moment où nous nous sommes engagés sur le chemin de la délivrance et sommes devenus bouddhistes, de pratiquer la prise de refuge et d’appliquer les préceptes qui s’y rapportent, sans jamais y renoncer, même au péril de notre vie.
On lit dans les sutras :
Qui a pris refuge dans le Bouddha est un véritable bouddhiste laïc. Il n’ira plus jamais chercher refuge en aucune autre divinité.Qui a pris refuge dans le Dharma n’aura plus de pensées malfaisantes.
Réfugié auprès de la Sangha, il ne s’associera plus avec les Tirtikas.
Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »
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