QUELLE PLACE A LA MÉDITATION DANS LE BOUDDHISME ?
UNE IMAGE TRES REPANDUE
Aujourd’hui, lorsqu’on parle du bouddhisme, beaucoup de personnes pensent immédiatement à la méditation.
Et la méditation elle-même est souvent réduite à un cliché : une personne assise en silence, observant sa respiration pour se détendre ou calmer ses pensées.
Oui, certaines pratiques méditatives peuvent apporter du calme, réduire le stress ou apaiser l’esprit.
Mais dans le bouddhisme, la méditation ne se limite pas à cela.
Son but principal n’est pas simplement le bien-être ou la relaxation.
Elle est avant tout un moyen de transformation intérieure permettant de travailler avec l’esprit afin de le libérer progressivement de l’ignorance, des émotions perturbatrices et de la souffrance.
Autrement dit, dans le bouddhisme, la méditation est directement reliée à la voie de la libération et de l’éveil.
C’est pourquoi un esprit calme n’est pas forcément un esprit libéré.
UNE BASE POUR TRAVAILLER AVEC L’ESPRIT
Dans le bouddhisme tibétain, les méditations fondées sur l’attention au souffle ou la concentration sont souvent considérées comme un préliminaire à la méditation.
Pourquoi ? Parce qu’avant de pouvoir travailler sur l’esprit, il faut déjà apprendre à le stabiliser.
Habituellement, l’esprit est dispersé entre pensées, émotions, projections et distractions.
Les pratiques de concentration permettent donc progressivement de calmer cette agitation et de rassembler davantage l’esprit.
Elles servent ainsi de base pour pouvoir méditer plus profondément.
« GOM » : SE FAMILIARISER AVEC LE DHARMA
Le terme tibétain souvent utilisé pour parler de la méditation est gom, qui signifie : “se familiariser avec” ou “s’entraîner à”.
Dans ce contexte, méditer consiste donc à familiariser progressivement l’esprit avec la vue du Dharma afin de transformer profondément sa manière de percevoir les choses.
Au début du chemin, il est important que le pratiquant reçoive d’un maître qualifié des enseignements préliminaires tels que les quatre pensées qui tournent l’esprit vers le Dharma :
- le précieux corps humain
- la mort et l’impermanence
- la loi du karma
- les défauts du samsara
Ainsi que des enseignements sur les trois méthodes suprêmes, dont l’esprit d’éveil, qui constitue l’attitude mentale essentielle pour parcourir la voie.
Puis, après avoir réfléchi et validé intellectuellement le sens de ces enseignements, vient la méditation.
Dans ce contexte, méditer ne consiste plus simplement à comprendre intellectuellement les enseignements, mais à s’imprégner profondément de leur sens afin qu’ils puissent pénétrer l’esprit et opérer une véritable transformation intérieure.
Ces méditations peuvent demander des années pour réellement en percer le sens profond.
Elles sont essentielles, car elles constituent les fondations de tout le chemin du Dharma.
LES MANTRAS ET LES PRIERES COMME MEDITATION
En parallèle, dans le bouddhisme tibétain, la récitation des mantras et des prières occupe également une place centrale.
Ces pratiques sont utilisées comme des supports de transformation intérieure particulièrement puissants.
Dans le bouddhisme et encore davantage dans le bouddhisme tibétain, les pratiques nécessitent la guidance d’un maître qualifié, qui transmettra les enseignements, les transmissions orales appelées loung, ainsi que parfois les initiations nécessaires.
Dans ce contexte, la récitation d’un mantra ne consiste pas simplement à répéter mécaniquement des paroles ou des sons.
Elle devient une véritable méditation lorsque l’esprit s’unit progressivement au sens profond du mantra, en demeurant attentif, présent et profondément relié à la visualisation ainsi qu’à la vue du Dharma.
Les mantras, les prières et les visualisations deviennent alors des supports permettant de poser l’esprit, de faire mûrir ses qualités intérieures et de purifier progressivement les voiles et les émotions perturbatrices.
Ces formes de méditation occupent une place essentielle dans le bouddhisme tibétain.
Mais pour pouvoir être réellement pratiquées, elles demandent d’adhérer à la vue du Dharma et de développer une foi envers ces moyens spirituels ainsi qu’envers celui qui les transmet.
CONCLUSION
Oui, la méditation occupe une place centrale dans le bouddhisme.
Mais elle ne peut être séparée de la vue du Dharma et du but de la voie.
Sans cela, elle risque de devenir uniquement une technique de relaxation ou de bien-être parmi d’autres.
Dans le bouddhisme tibétain, la méditation ne vise donc pas seulement un apaisement temporaire, mais une transformation profonde de l’esprit conduisant progressivement vers la libération et l’éveil.
624 chemin Antoine Picard
97410 Mont-Vert-Les-Hauts (St-Pierre)
06 93 85 63 69 (Tenpi Gyalmo)
Ce site a été financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ Réunion, dont l’autorité de gestion est la Région Réunion. L’Europe s’engage à la Réunion avec le fond FEDER.
© Takchen Tcheulang 2024 – Réalisation Cécile Candedo, Pict N Web – Design et Communication

