UN ELEMENT FONDAMENTAL

La première chose que l’on devrait demander à une personne qui pratique dans le véhicule du vajrayana est : « qui est ton maître ? » Car dans le Vajrayana, la relation à un maître spirituel est la base même de la voie. Sans maître, il n’y a pas de transmission, sans transmission il n’y a pas de pratique authentique et sans pratique authentique, il n’y a pas de chemin véritable.

Le Vajrayana n’est pas une voie que l’on peut aborder seul, simplement en lisant des livres ou en regardant des enseignements sur YouTube ou les réseaux sociaux. Il repose sur une transmission vivante, reçue d’un maître qualifié, qui ouvre l’accès aux méthodes, à la bénédiction de la lignée et à la reconnaissance progressive de la nature de l’esprit.

Ainsi, sans maître spirituel, il n’y a pas de véritable entrée dans le Vajrayana, mais seulement une approche extérieure ou conceptuelle des enseignements. La première étape consiste donc à rencontrer un maître authentique et à apprendre à cheminer sous sa guidance.

Pour un Occidental, cette notion est souvent déroutante. Chacun projette sur la figure du maître ses croyances, son vécu, ses peurs ou ses idéaux. Or, la relation au maître telle qu’elle est envisagée dans le Vajrayana ne peut être comprise à partir d’une vision ordinaire du monde. Elle demande du temps, de la maturation, et une ouverture progressive pour en percevoir la justesse et la profondeur.

Aucun soutra, aucun tantra ni aucun commentaire ne mentionne l’histoire d’un être qui aurait atteint la bouddheité sans dépendre d’un maître spirituel.  Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »

LE CHOIX DU MAITRE

Le maître spirituel est avant tout un guide qui a transcendé ses propres désirs égoïstes. Il ne s’agit pas simplement de quelqu’un de plus avancé que nous sur le chemin : un véritable maître possède la capacité de guider ses disciples vers la libération du samsara, le cycle de la souffrance. Il est animé d’une compassion non ordinaire pour tous les êtres et d’un renoncement authentique à l’existence conditionnée.

Il ne s’agit donc pas de suivre quelqu’un aveuglément, ni par fascination, charisme ou attrait personnel. Avant de créer un lien spirituel, il est essentiel de s’assurer de l’authenticité du maître et de sa lignée. Un maître est toujours relié à la bénédiction de ses propres maîtres ; en se reliant à lui, on se relie à l’ensemble de cette lignée vivante.

Dans la tradition tibétaine, les maîtres authentiques disposent toujours de lettres de reconnaissance délivrées par de grands maîtres. Ces lettres attestent de leur reconnaissance en tant que maître, de leur authenticité, ainsi que leur capacité à transmettre le Dharma et à guider les êtres. Cette manière de procéder, qui garantit la fiabilité et la continuité de la transmission est très étrangère à la culture occidentale. En Occident, la rencontre avec un maître se fait le plus souvent au hasard sans réelle connaissance du maître et de sa lignée de transmission. Il arrive même que sur la base d’un ressenti ou d’une conviction personnelle, certains se permettent de désigner eux-mêmes, un enseignant, un moine ou encore un pratiquant sur le chemin comme maître spirituel. Cela ne suscite souvent aucune réaction chez les autres pratiquants, car les repères et les critères qui définissent un maître spirituel sont largement méconnus.

Ainsi, en Occident la relation à un maître de Vajra est largement incomprise. On y projette l’image d’un guide qui doit être gentil, à l’image d’un ami qui nous soutient ou un professeur qui nous enseigne. Or, dans le vajrayana, pour que le maître puisse nous guider efficacement, il doit être perçu comme un Bouddha et non comme un être ordinaire. C’est une relation qui demande une confiance totale, car le moindre doute nous coupe de sa guidance et des bénédictions de la voie. C’est pour cette raison que très peu de maîtres peuvent réellement guider les Occidentaux à la manière d’un maître de Vajra : il existe un fossé entre une confiance intellectuelle et une confiance authentique, une confiance qui résiste à tout, quoi que puisse faire le maître.

Si des rencontres ponctuelles ne posent pas de difficulté, un engagement plus profond à travers la réception de transmissions, demande en revanche une compréhension claire de la nature de cette relation. Une fois engagé, il est dit qu’on se trouve en quelque sorte comme un serpent introduit dans un bambou. Il ne pourra en sortir que par le haut ou par le bas

Ainsi, avant de s’engager auprès d’un maître, il est essentiel de s’assurer de son authenticité. C’est ce que l’on appelle l’examen du maître. Cet examen ne doit pas reposer uniquement sur nos ressentis personnels, qui sont souvent émotionnels et instables. En Occident, faute de repères culturels et spirituels, le choix d’un maître se fait malheureusement souvent sur cette seule base. Il est important de comprendre que l’examen du maître doit se faire en amont de la relation, avant de décider de le suivre, avant de s’engager formellement, et avant de recevoir de lui des transmissions ou des initiations. Une fois la relation établie, le discernement doit céder la place à la confiance, et non l’inverse. Cela demande donc un discernement profond et une réelle prudence au préalable. Dans le Vajrayāna, couper la relation avec le maître revient à couper les bénédictions de la voie, et peut entraîner de lourdes conséquences karmiques. C’est pourquoi le choix du maître ne doit jamais être précipité, mais posé avec lucidité, maturité et responsabilité.

Le maître spirituel est celui en qui nous plaçons notre confiance pour toutes les vies à venir, celui qui nous apprend ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Si nous rencontrons un faux ami de bien et lui faisons confiance sans l’avoir correctement examiné, nous gaspillons les mérites acquis durant une vie entière, ainsi que la précieuse opportunité d’avoir obtenu une existence humaine libre et fortunée. C’est comme prendre un serpent venimeux, lové sous un arbre pour l’ombre de cet arbre : si l’on s’en approche, on mourra. Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »

Il est également important de comprendre que tous les maîtres n’ont pas le même style ni les mêmes modes d’activité. Certains incarnent une forme très traditionnelle, tandis que d’autres manifestent des comportements plus atypiques ou excentriques, comme les yogis fous. Chez ces derniers, bien que leurs actions puissent être déroutantes, elles ne prennent jamais racine dans un esprit ordinaire. Elles procèdent de l’esprit de sagesse, libre de concepts, d’attachement et d’ego. Suivre de tels maîtres demande une grande dévotion, afin de ne jamais perdre la vision pure. Pour certains pratiquants, ces maîtres peuvent paraître plus attrayants, plus libres, moins conventionnels et moins contraignants que des maîtres plus traditionnels, parfois perçus comme rigides, austères ou dogmatiques. Mais il existe là un réel danger : le pratiquant peut s’imaginer pouvoir adopter les mêmes comportements que son maître, alors que pour lui, ceux-ci prennent racine dans l’ignorance et l’égo. A l’inverse, le jour où un comportement du maître le heurte ou le choque, il risque de le rejeter, faute d’avoir la capacité intérieure et la dévotion nécessaire pour accueillir une telle guidance. C’est souvent ce qui caractérise les yogis fous : leurs manifestations peuvent être si éloignées des repères ordinaires qu’un esprit encore conditionné ne parvient pas à les intégrer ni à les assumer sans perdre la vision pure.

Un maître n’est pas nécessairement un moine. Moine et maître sont deux choses distinctes et cette distinction est souvent mal comprise en Occident. De plus, cette différence n’est pas toujours visible extérieurement. Lorsque l’on ne connaît pas la biographie d’un maître, il est souvent difficile de savoir s’il est laïc ou monastique. Certains maîtres laïcs adoptent des habits spécifiques ou portent les cheveux longs, tandis que d’autres ont une apparence en tout point monastique. Dans plusieurs lignées du bouddhisme tibétain, notamment les lignées Nyingma, Kagyu et Sakya, de nombreux maîtres sont laïcs, vivent avec une consorte et ont des enfants. Cela ne remet en aucun cas en cause leur réalisation, ni leur capacité à transmettre le Dharma. De plus, les enfants de maîtres, garçons comme filles, sont très souvent eux-mêmes des détenteurs de la transmission, et jouent un rôle essentiel dans la continuité et la préservation de la lignée.

UN MOYEN PLUS FORT QUE L’EGO

Le maître n’est pas une finalité en soi, mais un moyen essentiel pour progresser sur le chemin de la libération. Pour sortir du cycle des renaissances, il est nécessaire de transcender l’ego. Or, dans l’existence ordinaire, c’est précisément ce « je » qui gouverne nos choix, nos réactions et nos attachements.

La relation au maître permet d’inverser ce mécanisme. En s’en remettant à un guide authentique, on laisse quelque chose de plus vaste que l’ego prendre les rênes. C’est dans cet abandon sans limite que le maître devient un levier puissant pour nous extraire du samsara. Mais pour que cette alchimie soit possible, une confiance suffisante est indispensable, d’où l’importance de vérifier dès le départ les qualités du maître.

Pour tenter de comprendre la place centrale qu’occupe le maître pour les Tibétains, on peut faire un parallèle avec l’état amoureux dans notre culture Occidentale. Lorsqu’on est profondément amoureux, on pense constamment à l’autre, et l’on devient capable, par amour, de se dépasser, de faire des efforts que l’on n’aurait jamais consentis auparavant. La relation au maître repose sur un mécanisme semblable, à la différence essentielle que le support est pur : les efforts que le maître nous amène à accomplir ne sont jamais fondés sur ses désirs égoïstes, mais orientés vers la libération de la souffrance. Ainsi, lorsque l’on parle de réjouir son maître, cela nous entraîne nécessairement sur le chemin de la libération. À l’inverse, réjouir une personne ordinaire ne peut que nous lier davantage au samsara. Pour un Occidental, la place centrale qu’occupe le maître dans l’esprit des pratiquants peut parfois sembler étrange. Il en va de même pour les Tibétains, à qui il paraîtrait inconcevable de se tourner vers son conjoint ou toute personne ordinaire au moment de la mort : pour eux, c’est vers le maître qu’ils prennent refuge durant leur vie, et plus encore au moment de la mort.

Cette relation est souvent illustrée par l’image de l’anneau et du crochet : le disciple, symbolisé par l’anneau, s’abandonne au maître, le crochet, qui peut alors le tirer hors du samsara. Sans cette confiance, l’ego reste aux commandes, maintenant l’individu prisonnier des illusions du samsara.

UNE CONFIANCE QUI SE CONSTRUIT

Il ne faut pas s’inquiéter si l’on ne ressent pas immédiatement une foi intense envers le maître. Cela peut arriver, mais en Occident c’est relativement rare. Bien souvent, on confond la foi émotionnelle ou aveugle avec la foi véritable. La première est instable et, même lorsqu’elle dure, elle n’entraîne pas de transformation profonde. La foi authentique, en revanche, est semblable à un joyau : elle ouvre à la bénédiction du maître et permet une véritable transformation intérieure.

Généralement, la confiance se construit avec le temps, de manière réciproque. Pour un Occidental, cette relation est souvent floue au départ, parfois même impressionnante ou inquiétante. Peu à peu, à travers l’expérience directe, une relation de guidance et d’ouverture s’installe. Le maître, de son côté, apprend également à connaître ses disciples, observe leur engagement, leur capacité à suivre les instructions et leur disposition à parcourir le chemin.

Certains projettent une vision ordinaire et affective du maître et peuvent avoir l’impression qu’il les aime moins que d’autres disciples, ou qu’ils sont mis à distance. Ils peuvent alors se sentir rejetés ou nourrir ce type de pensées. Ces projections ferment la porte à une relation de confiance et empêchent la guidance du maître de s’exercer pleinement. Elles reposent sur une vision faussée, car un maître n’entre pas dans une relation fondée sur les préférences personnelles : son activité est spontanée et procède de la sagesse de son esprit, non de l’affect ou de l’attachement. Toutefois, le maître reste humain et peut entretenir des liens étroits de confiance et d’affection avec des disciples proches ou de longue date, sans que cela relève d’une préférence ou d’un rejet des autres.

Même après de nombreuses années, la relation au maître ne devrait jamais devenir une relation amicale. En Occident, on recherche souvent cette familiarité, pensant qu’elle est un bon signe, alors qu’elle indique bien souvent l’inverse. Si un maître devient trop familier, c’est généralement qu’il a renoncé à guider spirituellement le disciple. À l’inverse, ressentir encore de la retenue ou être impressionné par le maître, même après longtemps passé à ses côtés, témoigne d’une foi authentique qui permet la guidance et la protection.

Quand, dans le bardo, nous rencontrons notre maître et qu’il nous guide, cela ne veut pas dire que le maître vient en personne. Ce phénomène provient de la coïncidence établie auparavant entre la dévotion sans limite du disciple et la puissance des vœux et de la compassion du maître. Aussi parfait soit notre maître, il ne pourra nous guider dans le bardo si nous n’avons pas de dévotion envers lui. Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »

UNE TRANSMISSION AU DELA DE L’INTELLECT

En Occident, l’apprentissage passe principalement par l’intellect. Il est donc naturel d’aborder le Dharma de cette manière, en pensant pouvoir le comprendre à travers les livres ou une approche purement conceptuelle. La notion de transmission d’esprit à esprit, ou de bénédiction, nous est souvent étrangère, voire perçue comme mystique.

Pourtant, le Dharma n’est pas un simple savoir : il est la sagesse primordiale de notre propre esprit. Cette sagesse ne peut être révélée que dans une relation vivante, à travers un être qui l’a lui-même actualisée.

Beaucoup d’Occidentaux pensent pouvoir séparer l’enseignement de celui qui enseigne, comme si le Dharma pouvait être pris indépendamment du maître. Dans les enseignements, cette attitude est comparée à celle d’un chasseur qui tuerait un animal uniquement pour en prélever le musc, puis abandonnerait le reste du corps. Dans cette image, le musc représente le Dharma, et l’animal représente le maître. Prendre l’enseignement sans reconnaître, respecter et préserver le lien avec celui qui le transmet revient ainsi à extraire ce qui nous intéresse, tout en rejetant la source vivante de la transmission. Or, dans le Vajrayana, l’enseignement et le maître sont indissociables. La bénédiction d’un enseignement dépend directement de la foi envers celui qui le transmet. Sans cette foi, l’enseignement reste extérieur et superficiel, sans véritable portée spirituelle.

Il en va de même pour les initiations et les transmissions : la qualité de ce que l’on reçoit est conditionnée par la confiance envers le maître. Sans elle, les bénédictions ne peuvent pleinement se déployer.

UNE IMMENSE RECONNAISSANCE

Après plusieurs années, lorsque la relation devient profonde et stable, un sentiment d’immense reconnaissance s’élève naturellement dans le cœur du disciple. Le maître est alors perçu comme plus précieux encore que le Bouddha lui-même, car il est celui qui rend la voie vivante, accessible et transmise directement.

La pensée du maître surgit spontanément, emplissant le cœur et l’esprit. Il n’est pas rare que la simple évocation du maître fasse monter les larmes, tant la gratitude est profonde. Lorsque le samaya demeure intact, le maître ne lâche jamais le disciple, à l’image d’un crocodile qui ne relâche pas sa proie : quoi qu’il arrive, il veille, protège et guide jusqu’à la libération.

Le maître est alors perçu comme l’unique refuge, représentant l’union des Trois Joyaux et la bénédiction de tous les supports de la voie. Le disciple dont la dévotion envers son Maître est sans limite ne le nomme ni ne l’interpelle jamais par son simple nom, que ce soit lorsqu’il parle de lui ou lorsqu’il s’adresse directement à lui, il utilise des termes tels que Lama Rinpoché, qui signifie « maître précieux », ou bien encore Yijin Norbou, « le joyau qui accomplit tous les souhaits ». Ces appellations ne sont pas de simples formules de respect, mais reflètent la manière dont le disciple perçoit le maître : comme son refuge vivant.

Au Tibet, lorsqu’on cherche la protection pour soi-même ou pour un autre être, on se tourne naturellement vers le maître. Par exemple, lorsqu’un pratiquant est confronté au décès de ses parents ou d’un proche, ou à la maladie grave d’un être cher, la première chose qu’il fait est de faire une offrande à son maître, en lui demandant sa protection pour le défunt ou pour le malade. Reconnu comme le refuge suprême, et conscient de sa capacité réelle de protection, c’est vers le maître que l’on se tourne en premier, avant même d’entreprendre des pratiques méritoires pour l’être concerné. Le maître est ainsi le point d’appui vivant, à partir duquel toute action de compassion et de libération peut véritablement porter ses fruits.

Pour guider habilement les êtres à se conduire, il a l’air, dans sa conduite de tous les jours, d’agir comme tout un chacun. Mais du point de vue de la réalité absolue, il est différent de tous les êtres ordinaires, car son esprit est celui d’un Bouddha. Chacun de ses actes procède d’un esprit réalisé, qui se conforme uniquement à la nature de ceux qu’il doit secourir. Aussi est-il éminemment sublime entre tous. Habile à trancher les hésitations et les doutes, il supporte patiemment toutes les ingratitudes et tous les découragements de ses disciples, comme le ferait la mère d’un unique enfant. Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »

DES MAITRE, MAIS UN SEUL SAMAYA

Il est possible d’avoir plusieurs maîtres, à condition de maintenir des liens parfaitement purs avec chacun d’eux. Dans le Vajrayana, le lien qui s’établit dès que l’on reçoit une transmission est appelé samaya. Tous les accomplissements de la voie reposent sur la pureté de ces samayas, qui doivent être préservés comme la prunelle de nos yeux.

On ne peut donc rompre le lien avec un maître pour aller simplement pratiquer auprès d’un autre. Cette notion est souvent mal comprise en Occident, où certains pensent pouvoir ajuster les enseignements selon leurs interprétations ou préférences. Lorsqu’une relation authentique est établie, on ne cherche généralement pas d’autres guidances : on s’efforce de suivre les instructions reçues, de réjouir son maître et de s’imprégner de ses qualités.

C’est souvent le maître lui-même qui, par humilité, introduit ses disciples auprès d’autres maîtres ou invite ces derniers à donner des transmissions qu’il considère bénéfiques pour eux. Les disciples dont la reconnaissance est sincère n’abandonnent pas l’intérêt porté à leur maître en présence de maître de grande renommée, mais lui témoignent au contraire encore plus de reconnaissance et de respect.

LE MOULE ET LA TSA TSA

Certains se targuent d’être disciples de tel ou tel maîtres alors qu’ils ne se sont imprégnés d’aucune de ses qualités. Or, il est dit dans les enseignements que l’on reconnaît la qualité d’un maître au comportement de ses disciples.

En Occident, les maîtres ont rarement le temps d’éduquer longuement leurs disciples, étant souvent de passage dans les centres du Dharma. Pour cette raison, peu de pratiquants occidentaux deviennent réellement semblables à leur maître ou imprégnés de « sa bonne odeur » comme on le dit traditionnellement. Lorsqu’on observe la vie des grands maîtres, tous portent les qualités de leurs propres maîtres, à l’image d’une tsa-tsa fidèlement formée par son moule.

Dans ce contexte, il est important de rappeler que la relation au maître est une responsabilité partagée. Si le disciple a la responsabilité d’écouter, de pratiquer et d’intégrer, le maître a aussi la responsabilité de transmettre correctement. Il est fréquent de rencontrer des pratiquants, parfois même de longue date, qui ne connaissent pas les préceptes du refuge ne les ayant jamais véritablement reçus ou seulement de manière très succincte. Il en résulte que certains peuvent adopter des comportements inappropriés, manquer de respect envers les supports du refuge, ou encore mêler simultanément des pratiques incompatibles, sans en percevoir les implications karmiques et spirituelles.

Pour beaucoup d’occidentaux, le rapport à la liberté individuelle est très fort. L’absence de cadre explicite renforce alors naturellement les tendances ordinaires. Si le maître ne précise pas, ne corrige pas ou ne transmet pas clairement, le disciple ne peut pas toujours savoir, et se trouve alors porté à pratiquer « à sa manière », en accord avec ses habitudes, ses croyances et son conditionnement culturel. C’est pourquoi, dans le Vajrayāna, la clarté de la transmission, l’éducation progressive et la mise en place d’un cadre juste sont essentielles, afin de protéger à la fois le disciple, le maître et la pureté de la voie.

Puisque le disciple apprend à devenir comme son maître, il doit s’imprégner des pensées et des actes de celui-ci. Quiconque est habile à étudier son maître, puis à le suivre et, enfin, à apprendre sa pensée et ses actes avance, quoi qu’il arrive, sur la voie juste. Patrul Rinpoche « Le Chemin de la Grande Perfection »

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