LE BOUDDHA A REJETE LES VOIES EXISTANTES

Il est fréquent aujourd’hui d’entendre que « toutes les traditions spirituelles parlent au fond de la même chose » : la non-dualité, l’amour universel, la paix intérieure… Certains termes peuvent sembler similaires d’une tradition à l’autre, non-dualité, libération, éveil, compassion et cela peut nous donner l’impression qu’au fond, toutes les voies conduisent au même fruit.

Mais selon l’enseignement du Bouddha, ce n’est pas le cas. Avant son éveil, le Bouddha a suivi des maîtres reconnus de son époque. Il a atteint sous leur conduite des états méditatifs extrêmement élevés, comme les absorptions sans forme (arūpadhyāna), que beaucoup considèrent encore aujourd’hui comme des formes de libération.

Mais il a vu que :

  • Ces états sont encore dans le samsara.
  • Ils ne coupent pas la racine de la souffrance, à savoir l’ignorance de la vacuité.
  • Ils ne permettent pas d’atteindre l’éveil parfait et complet d’un Bouddha (samyaksambodhi).

C’est pourquoi il a quitté ces chemins, même s’ils étaient très purs extérieurement, et a découvert par lui-même la voie qui mène à la libération véritable.

LES MEMES MOTS MAIS PAS LA MEME SIGNIFICATION

De nombreuses traditions parlent de « non-dualité », de « disparition du moi », ou d’un « état de paix absolue ». Pourtant, ces concepts ne recouvrent pas du tout la même réalité selon les contextes.

Par exemple : 

Dans certaines voies non bouddhistes, la « non-dualité » est la fusion avec un Absolu, un Dieu, un principe ultime.

Dans le bouddhisme, la non-dualité signifie que les phénomènes sont vides d’existence propre, et que la dualité sujet-objet elle-même est une fabrication mentale.

Ces nuances sont immenses dans leurs implications. Deux traditions peuvent employer les mêmes mots, mais si la vue de base est différente, alors le fruit ne peut pas être le même.

 DES REALISATION ELEVEES…MAIS ENCORE DANS LE SAMSARA

Certains maîtres non bouddhistes semblent manifester une grande paix, une compassion sincère, une clarté d’esprit impressionnante. Il est tout à fait possible qu’ils aient atteint :

  • Des états méditatifs profonds, au-delà des perceptions ordinaires.
  • Une libération de certaines émotions grossières.
  • Une forme de sagesse relative.

Mais du point de vue bouddhiste, tant que la saisie d’un soi subtil subsiste, tant qu’il reste une croyance dans une réalité autonome, même très raffinée, la réalisation demeure dans le cadre du samsara.

Il existe même des renaissances divines très pures, issues de telles pratiques, mais elles sont temporaires, car la racine de l’ignorance n’a pas été déracinée.

 LE FRUIT DEPEND TOUJOURS DE LA BASE

Un des principes les plus importants dans la voie bouddhiste est que :

Le fruit dépend de la vue de base.

Si la base repose sur la saisie d’un atman (un soi), d’un créateur, ou d’un absolu permanent, alors même une pratique sincère et intense ne pourra mener qu’à une forme de libération conditionnée, mais pas à l’état d’éveil complet d’un Bouddha, libre de tout voile, même subtil.

La vue juste enseignée par le Bouddha, celle de la vacuité de soi et des phénomènes, est essentielle pour aller au-delà du samsara.

UN ESPRIT ORDINAIRE NE PAS JUGER DE LA REALISATION

Dans notre confusion ordinaire, il est très facile de se tromper. On peut dire :

« Ce maître m’a profondément touché, il m’a regardé dans les yeux, j’ai senti une immense paix, c’est sûr, c’est un Bouddha. »

Mais cela ne repose que sur notre perception subjective, émotionnelle.

Les maîtres authentiques disent souvent :

Un esprit ordinaire ne peut pas reconnaître un être éveillé.

C’est comme si un enfant qui commence à apprendre à compter voulait comparer deux mathématiciens experts. Il n’a pas les outils pour juger. De la même manière, nous ne pouvons pas voir les voiles subtils qui restent dans l’esprit d’un maître d’une autre tradition.

RESPECT SANS CONFUSION

Le bouddhisme ne prône ni l’arrogance ni le rejet des autres traditions. Il est important d’avoir du respect pour toute démarche sincère qui cherche à élever l’esprit, à réduire la souffrance, à pratiquer l’éthique, l’amour, la concentration.

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