LES QUATRE LIGNÉES

 Padmasambhava VIIIe siècle
(Fondateur de l’école Nyingmapa)
 Marpa (1012-1097)
(Fondateur de l’école Kagyupa)
Khön Köntchok Gyalpo (1034-1102)
(Fondateur de l’école Sakyapa)
Tsongkhapa (1357-1419)
(Fondateur de l’école Gélougpa)

 Le Tibet est le dernier pays d’Asie à avoir reçu le bouddhisme et a bénéficié ainsi des grandes synthèses, doctrinales et pratiques, qui avaient auparavant été formalisées en Inde. Cette diffusion du bouddhisme indien au Tibet s’effectua en deux temps : une première diffusion eut lieu au VIIIe siècle, grâce, notamment, au personnage semi-légendaire de Padmasambhava (ou Guru Rinpoché) ; elle donna naissance à l’école qu’on appelle aujourd’hui nyingmapa (l’école « ancienne »). Une deuxième diffusion lui succéda, au XIe siècle, qui donna naissance à des écoles « nouvelles » (sarmapa), représentées aujourd’hui par deux courants : kagyüpa et sakyapa. Ces trois écoles se rattachent donc à des enseignements et à des enseignants d’origine indienne, à partir desquels elles développèrent leur propre tradition.

L’école gelugpa (à laquelle se rattache le Dalaï-Lama) n’apparut, elle, qu’au XIVe siècle et est donc proprement tibétaine.

Ces écoles tibétaines appuient leurs enseignements sur la doctrine et la philosophie du Mahâyâna (le « Grand Véhicule ») que complètent des pratiques présentées dans des textes appelés tantra. Chaque tantra propose un ensemble particulier de pratiques variées et précises (sâdhana) : rituels, méditations, visualisations. Leur complexité, et le caractère hautement symbolique de leur présentation, réclament l’enseignement indispensable d’un guru (lama en tibétain). Le principe essentiel des tantras est la « transmutation » des émotions et des passions, qui permet au pratiquant de développer sa « nature de Bouddha ». Le dzogchen, quant à lui,  vise à reconnaître et à faire surgir directement la nature réelle de l’esprit, naturellement éveillée. Les pratiques tantriques se présentent ainsi davantage comme une voie de transformation, alors que le dzogchen se veut une voie directe, « sans efforts ni distraction ». Sous son influence se développa aussi la pratique du mahâmudrâ, très proche du dzogchen mais qui reste essentiellement tantrique.

La distinction entre les différentes écoles (et parfois, aussi, leurs courants internes) est essentiellement due aux textes et aux « lignées de transmission » auxquels chacune se rattache, ainsi qu’à des caractéristiques sur lesquelles elles insistent davantage.

Ainsi, l’école nyingmapa privilégie elle l’enseignement du dzogchen, alors que les autres écoles proposent plutôt un parcours fondé sur les pratiques tantriques, parachevées par l’enseignement du mahâmudrâ. D’autre part, l’école sakyapa est réputée pour son enseignement philosophique et l’école gelugpa  pour la rigueur de sa pratique monastique et l’importance qu’elle accorde à l’étude.